Mario Draghi, President of the European Central Bank, speaks during a press conference on Eurozone monetary policy in Frankfurt am Main, western Germany, on July 25, 2019. – The European Central Bank signaled it could unleash a new stimulus package and slash rates further, in a bid to shore up stubbornly low inflation and kickstart sluggish growth in the eurozone. (Photo by Daniel ROLAND / AFP)
Mario Draghi, President of the European Central Bank, speaks during a press conference on Eurozone monetary policy in Frankfurt am Main, western Germany, on July 25, 2019. – The European Central Bank signaled it could unleash a new stimulus package and slash rates further, in a bid to shore up stubbornly low inflation and kickstart sluggish growth in the eurozone. (Photo by Daniel ROLAND / AFP)

Mis à jour le 28/07 à 17h07 tiré du journal Les ECHOS
C’est une victoire au goût amer pour les banques européennes. Ce jeudi, la Banque centrale européenne (BCE) a acté la mise à l’étude d’un taux de dépôts négatif « modulable » qui serait appliqué sur les liquidités excédentaires que les établissements laissent dormir chaque jour à la BCE. Ce dispositif, cher aux banques européennes, viendrait alléger la simple application d’un taux négatif et doit être étudié par les « comités de l’Eurosystème » avant une éventuelle mise en oeuvre. Autrement dit : la décision n’est pas encore prise. Mais le signal envoyé aux banques allemandes et françaises qui s’acquittent de près de 60 % des 7 milliards d’euros que coûte cette « taxe », est de bon augure.

Au sein des établissements, l’heure n’est toutefois pas à la fête. La raison ? Cette mesure, si elle est effectivement mise en oeuvre, visera surtout à « compenser » une prolongation, voire une accentuation de la politique de taux de dépôts négatifs de la BCE. Actuellement fixée à -0,40 %, la ponction sur les dépôts excédentaires des banques vise à inciter la circulation de l’argent au sein de la zone euro. Les experts s’attendent à voir la BCE baisser à nouveau ce taux de 10 points de base dès le mois de septembre.

Menace sur les marges d’intérêts

Une telle décision n’alourdirait pas forcément le coût des taux de dépôts négatifs pour les banques. « Si on instaure des paliers de taux aux réserves excédentaires, la facture globale pourrait rester inchangée », estime Eric Dor, qui dirige l

Après plusieurs années de taux négatifs, cette perspective déstabilise les banquiers. « Il y a sept ans, nos stocks de crédits nous procuraient une marge d’intérêts de 300 points de base. Aujourd’hui elle est tombée à 200 points, si cela continue elle risque de passer en territoire négatif », fait valoir le patron d’une banque française. « Le sujet de fond est simple : combien de temps on va pouvoir maintenir notre niveau de rentabilité avec une telle politique accommodante ? », interroge encore un de ses concurrents.

Moins de croissance pour Caixa et Banco Sabadell
Les résultats trimestriels déjà publiés attestent du phénomène. Le Crédit Agricole Ile-de-France n’est pas parvenu à faire progresser ses revenus d’une année sur l’autre. « L’effet positif de la forte dynamique d’activité reste contrecarré par le contexte de taux défavorable, marqué par l’augmentation de l’effet taux négatif […] », note la caisse régionale.

Dans la foulée des annonces de la BCE, la troisième et la quatrième banque espagnole ont par ailleurs révisé certains de leurs objectifs financiers. Vendredi, Caixa a indiqué tabler sur une progression de ses revenus coeur de 1 % contre 3 % auparavant. Banco Sabadell, de son côté, anticipe une stabilité, voire une baisse de ses revenus nets d’intérêts. Elle visait une progression de 1 à 2 % jusqu’ici. La sanction en Bourse a été sans appel : -6,7 % pour Caixa et -6,6 % pour Sabadell vendredi.

Le sujet sera scruté de près dans les publications des banques françaises cette semaine car d’autres mauvaises nouvelles pourraient survenir. « La risque de devenir un problème structurel plus persistant pour certaines banques européennes », estime Bernd Ackermann, analyste crédit chez S & P Global, avant d’insister : « Les banques sont des entreprises commerciales et pas seulement des bilans comptables. Leurs équipes de management vont devoir prouver aux investisseurs qu’elles peuvent s’adapter durablement à un environnement de taux bas ».

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