De la nécessité de revenir sur la nature des divers frais payés lors d’un investissement en SCPI.

En effet, il est courant d’entendre que les frais élevés payés par l’épargnant / investisseur lors de la souscription de parts de SCPI se justifient par le paiement des droits d’enregistrement et autres frais de notaire que doit payer la SCPI lors de l’acquisition du parc immobilier. 

Regardez par exemple ce que l’on peut lire sur un site internet de vendeurs de SCPI :

« Sur le marché des SCPI en France, les frais d’entrée oscillent généralement entre 8 et 10% TTC (moyenne constatée). Alors forcément, lorsqu’on les compare aux frais de plus en plus réduits des assurances-vie ou de nombreux autres produits de placements, leur montant parait à juste titre élevé.

Seulement, il faut revenir à la base même du sous-jacent et rappeler l’objet même de l’achat de ces parts de SCPI.

Une SCPI est une société qui va acheter de l’immobilier : des bureaux, des murs de magasins, des commerces, des entrepôts… nous sommes donc bien en train de parler d’immobilier.

Rappelez-vous : lorsque vous achetez votre résidence principale, avez-vous payé des frais ? NON ?

Et pourtant vous avez bien payé des frais de notaire (8%) voire même peut être une agence immobilière qui vous a trouvé le bien (4 à 5%). Eh bien les frais d’entrée sur une SCPI servent exactement à la même chose : payer les frais de notaire. Ils servent également à rémunérer les professionnels qui vous auront présenté et vendus les SCPI.

Les frais d’entrée sur les SCPI affichés peuvent donc paraître élevés, mais ils ne sont en fait que le reflet des frais obligatoires dont tout investisseur ou acquéreur doit s’acquitter lorsqu’il acquiert de l’immobilier, que ce soit en direct ou via une Société civile. »

Cette légende urbaine largement diffusée par les réseaux de distribution est malheureusement fausse : NON, les frais de souscription des parts de SCPI ne servent pas à payer les droits d’enregistrement et autres frais de notaire inhérents à l’investissement immobilier.

Les frais de souscription payés lors de l’achat de parts de SCPI servent principalement à rémunérer le gestionnaire de la SCPI et le commercial (CGPI, Banque ou CIF) sous forme de commissions.

Pour mémoire, la commission perçue par le commercial (ou l’entreprise qui l’emploi pour vendre ces produits financiers) est régulièrement comprise entre 5% à 6% du montant de la souscription. 

Il faut faire la distinction entre les frais non acquis à la SCPI et les frais acquis à la SCPI.

Les frais non acquis à la SCPI, à l’OPCI ou à l’OPCVM sont les frais de distribution et autres frais de gestion qui rémunèrent les intermédiaires que sont la société de gestion ou le commercial chargé de la distribution.

Les frais non acquis à la SCPI (terme qui n’existe pas pour les SCPI, nous empruntons la terminologie applicable aux OPCVM pour vous aider à comprendre) sont régulièrement compris entre 8% à 10% TTC. Ce sont les frais qui devront être payés par l’épargnant pour devenir propriétaire des parts de SCPI. Comme précisé ci avant, ils rémunèrent la société de gestion et le réseau de distribution.

Des frais de gestion annuels seront également prélevés par la société de gestion pour assurer le bon fonctionnement de la SCPI. Ces frais de gestion annuels représentent régulièrement -+ 10% des loyers annuels encaissés par la SCPI.

A ce titre, il faut louer la transparence de certaines SCPI, qui présentent la finalité des frais de souscription de manière limpide (Ps : Les frais de gestion annuels sont plus délicats à trouver dans les rapports annuels ).

Mais attention, la SCPI devra également payer tout un ensemble de frais et charges pour devenir propriétaire des biens immobiliers qui seront à la source du rendement futur de la SCPI. Ce sont les frais acquis à la SCPI.

Il s’agit par exemple des frais de notaire (-+ 6% à 8% de la valeur de l’immeuble acquis) ou encore des frais de recherche, d’agence ou de commercialisation nécessaires lorsqu’il s’agit d’acheter un bien immobilier.

Malheureusement, ces frais acquis à la SCPI sont souvent cachés à l’épargnant qui les inclut dans les frais de souscription. 

En réalité, s’ils ne sont pas cachés, il faut se plonger dans les profondeurs du rapport annuel, dernière page, pour les trouver.

Ces frais nécessaires pour l’acquisition du patrimoine de la SCPI seront un perte de valeur pour l’épargnant investisseur… au même titre que les frais de souscription. Notons tout de même qu’ils ne seront payés qu’une seule fois lors de l’acquisition de l’immeuble par la SCPI et pénaliserons principalement les SCPI dont les encours progresse.

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