À en croire un récent sondage, vendeurs et agents immobiliers deviendraient les meilleurs amis du monde, contre une baisse de 20% des honoraires. Réaliste?

Quel avenir pour les agents immobiliers avec la digitalisation grandissante du secteur? Une question d’actualité que le site d’évaluation Meilleurs Agents a choisi de poser avec l’aide de l’institut Opinionway, alors que s’ouvre ce mercredi matin à Paris le salon professionnel Rent consacré aux nouvelles technologies immobilières. Comme on peut s’en douter, sachant que l’étude sera présentée à des agents immobiliers et qu’elle est commanditée par un site travaillant avec eux, les conclusions ne dressent pas un avenir trop sombre à la profession. Mais elles ouvrent quelques perspectives intéressantes.

1. Une profession nécessaire mais un service trop cher

À défaut de leur faire une déclaration d’amour, les vendeurs d’immobilier sont 85% à affirmer qu’ils ne souhaitent pas la disparition des agents immobiliers. Ils sont encore 55% à avoir une bonne image de cette profession là où les professionnels eux-mêmes ne sont que 32% à estimer que les vendeurs ont une bonne image d’eux. Il reste néanmoins 45% des vendeurs à convaincre de l’intérêt de ce métier et surtout 72% d’entre eux à considérer que les honoraires pratiqués sont excessifs. Un constat qui n’est pas une grande surprise, puisque 79% des agents immobiliers ont conscience de ce reproche qui leur est fait.

Preuve que l’argent est le nerf de cette guerre, 66% des particuliers qui ont vendu en direct affirment qu’ils auraient fait appel à un professionnel si les honoraires étaient plus faibles. Ils pourraient même envisager de se mettre d’accord autour d’une réduction de 20% des frais, sachant que les vendeurs réclament 26% et que les agents seraient prêts à consentir 18% de réduction. «Le fait qu’il y ait un terrain d’entente possible entre agents et vendeurs avec des différences de point de vue pas si importantes que cela est pour moi l’enseignement le plus surprenant de cette étude», souligne Sébastien de Lafond, président et cofondateur de Meilleurs Agents.

2. Une concurrence qui intrigue les Français

Si la profession traditionnelle ne semble pas menacée par Internet, le sondage souligne néanmoins une forte curiosité concernant les nouveaux réseaux low cost. À en croire cette étude, 83% des vendeurs envisagent la possibilité de recourir à l’avenir à ces «agences hybrides low cost» et 63% des agents estiment que ce créneau est une menace pour eux. Une appellation alambiquée qui vise les enseignes pratiquant des honoraires particulièrement réduits (avec souvent des services réduits) voire des tarifs forfaitaires, et non pas les réseaux de mandataires sans agences, qui existent depuis bien des années. À la manière de PurpleBricks dans les pays anglo-saxons, ces nouveaux venus se développent en France, notamment sous la marque Proprioo ou encore Liberkeys et Hosman. Leur notoriété est en construction puisque 40% des vendeurs identifient déjà cette tendance.

L’autre nouveauté, les ibuyers, ces réseaux qui achète directement leur maison au vendeur come Homeloop, reste plus discrète. Pour l’instant, seuls 23% des vendeurs connaissent cette possibilité et 25% envisagent la possibilité d’y recourir.

3. Comment faire baisser les honoraires

S’il s’agit de mettre tout le monde d’accord avec une baisse de 20% des honoraires, comment ce résultat pourra-t-il être atteint? Là où nombre de professionnels constatent une hausse de leurs coûts liés au digital (abonnements, diffusion des annonces), Sébastien de Lafond estime qu’une digitalisation accrue réduira les coûts de prospection. «De manière typique une agence avec un chiffre d’affaires annuel de 350.000 euros consacrera 70.000 de main-d’œuvre pour la seule prospection», souligne-t-il. Un travail fastidieux et peu épanouissant qui pourrait disparaître selon lui avec une digitalisation plus complète.

Autre levier qui permettrait de réduire les coûts et donc les honoraires: le développement des mandats exclusifs. Un mantra bien connu de la profession mais qui peine encore et toujours à devenir une réalité. «Les agences les plus en avance sur le digital dépassent parfois le cap des 50% de mandat exclusifs, estime Sébastien de Lafond. Le web avec la transparence sur la performance qu’il offre à ses clients permet de développer la confiance et donc les mandats exclusifs.» Par Jean-Bernard LitzlerMis à jour le 06/11/19 à 06:00Publié le 06/11/19 à 06:00

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