(BFM Bourse) – Après avoir bondi de 54% en 2019 -ravissant au passage le titre honorifique de métal précieux le plus onéreux à l’or, une première depuis 2002- le palladium, notamment utilisé dans les pots catalytiques pour les véhicules à essence, démarre 2020 en trombe (+31%) et ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin.

Mais où s’arrêtera le précieux métal blanc argenté, principalement utilisé dans la conception de pots catalytiques pour les véhicules à essence ? Après avoir mis un terme en décembre 2018 au règne de l’or sur le marché des métaux précieux, une première depuis 2002, le palladium a encore accéléré en 2019 (+54%) et poursuit sur sa lancée depuis le 1er janvier (+31%), pour atteindre 2.277 euros de l’once au 17 janvier, laissant loin derrière le précieux métal jaune dont l’once (environ 31,1 grammes) se négocie à 1.403 euros. Et ce alors que l’or a pourtant signé, en 2019, sa meilleure performance de la décennie (+21,2%).À LIRE AUSSI

De (très) solides fondamentaux

Si les records atteints ces derniers jours surprennent jusqu’aux observateurs les plus chevronnés du marché, ceux-ci s’expliquent notamment par un couple offre-demande particulièrement déséquilibré. Déjà faible, la production mondiale de palladium s’est encore resserrée en 2018 par rapport à 2017 (202 tonnes, contre 215 tonnes un an plus tôt), à comparer aux 3.260 tonnes d’or extraites la même année. Et il y a peu de chances que ce phénomène s’atténue. L’Afrique du Sud, deuxième mineur de palladium derrière la Russie (à 82,2 tonnes en 2018, contre 84,7 tonnes pour la Russie) a en effet signalé une forte baisse de la production de métaux du groupe platine -dont fait partie le palladium- en novembre et décembre derniers.

La trêve commerciale entre les États-Unis et la Chine et les ventes record de voitures en Europe le mois dernier, même s’il est peu probable qu’elles se répètent, ont participé à l’humeur haussière du marché.

À la baisse de l’offre et aux bonnes nouvelles géopolitiques, il faut ajouter une brusque augmentation de la demande, alors que de nouveaux objectifs d’émissions, plus stricts, contraignent les constructeurs automobiles (notamment en Chine et en Europe) à utiliser de plus grandes quantités de palladium dans leurs pots catalytiques.

Vers des prises de bénéfices

Comme la faible production minière continue d’être éclipsée par la demande, les investisseurs ayant une exposition aux ETFs garantis par le métal précieux maintiennent fermement leurs positions. Mécaniquement, l’offre s’en retrouve d’autant plus limitée, comme le souligne Giovanni Staunovo, analyste des matières premières chez UBS Wealth Management, interrogé par Bloomberg. “Il devient de plus en plus difficile de trouver quelqu’un qui soit prêt à vendre des positions en ETF pour couvrir le déficit du marché. Donc si vous en avez et que vous savez que personne n’est prêt à vendre, ni aujourd’hui ni demain, pourquoi la vendre maintenant à un prix inférieur si vous pouvez le faire après-demain à un prix encore plus élevé?” explique-t-il.

Si certains analystes anticipent désormais un recul brutal et bref du cours du palladium sur fond de prises de bénéfices spéculatifs, “toute correction devrait être compensée par des achats agressifs et rester de courte durée” anticipe l’affineur et négociant néerlandais de métaux précieux MKS PAMP Group dans une note publiée cette semaine.

‘autres acteurs du marché ont entre-temps relevé leurs prévisions de prix du palladium pour 2020, notamment HSBC Securities et UBS, confirmant leurs perspectives haussières pour le métal dans un contexte de déficit d’approvisionnement continu. Le broker suisse a ainsi relevé, mardi 14 janvier dernier, sa prévision de cours moyen pour 2020 de 1.875 à 2.200 dollars. Dans cette note, le stratégiste Joni Teves avançait que le prix du métal blanc argenté pourrait même atteindre les 2.350 dollars l’once d’ici la fin de l’année, soulignant que “l’embellie est bien partie pour durer tant les fondamentaux du métal précieux sont solides”. Il n’aura pas fallu plus de trois jours au palladium pour franchir (nettement) ce seuil puisque le précieux métal a même déjà franchi la barre des 2.500 dollars…

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