Où placer l’argent d’un héritage ? Nos conseils à Jérôme et Bénédicte 

Familles avec trois enfants

Les conseils patrimoniaux du Revenu. (© Sutterstock / Bazukina Masha) 

Par Christian Fontaine

Publié le 01/03/2020 à 07:50 – Mis à jour le 01/03/2020 à 07:50 

Jérôme vient d’encaisser 100.000 euros. Plusieurs projets un temps envisagés – achat d’une résidence secondaire, année sabbatique – sont tombés à l’eau et le couple souhaite désormais placer cet argent pour préparer sa retraite. Nous leur avons prodigué nos conseils dans cette optique.

Jérôme, Bénédicte et leurs trois enfants sont à classer dans la case des familles sportives. La semaine, le week-end, pendant les vacances, les maillots de bain (pour faire des longueurs de bassin), paires de baskets, raquettes de tennis et de badminton ne sont jamais très loin.

Pour nos amis, un dimanche normal commence à 9 heures par un footing à cinq dans le jardin du château de Versailles. L’après-midi, chacun vaque à ses occupations : rugby pour les garçons, natation pour les filles, entendez une heure de nage intensive dans un bassin olympique de 50 mètres.  

La famille a une autre passion : les voyages. L’été, elle loue une maison avec des amis à Dinard (Ille-et-Vilaine). À Pâques, elle s’envole quinze jours pour une destination lointaine. En 2020, ce sera la pointe aux Canonniers à l’île Maurice. En 2019, ils étaient au Vietnam et, en 2018, à Bali. Des destinations représentatives de ce qu’ils recherchent : un juste équilibre entre plages paradisiaques et visites culturelles.

100.000 euros d’une grand-tante

«Nous voulons montrer aux enfants qu’il n’y a pas que la France même si nous adorons notre pays, explique Jérôme. En nous écoutant parler Anglais, ils comprennent l’intérêt et la nécessité d’être capable de s’exprimer dans la langue de Shakespeare.»

Les placements, la fiscalité personnelle, l’immobilierl’assurance vie, ils ne sont pas tombés dedans quand ils étaient petits. Plus cigales que fourmis («Nous avons renoncé à un investissement Pinel pour ne pas rogner notre budget voyages»), ils ne sont pas non plus des paniers percés.

Disposant de revenus confortables – Jérôme est informaticien, Bénédicte expert-comptable –, ils ont acheté leur logement «pour la sécurité et faire comme les amis», mais la matière ne les intéresse pas vraiment.

Ils ont contacté Le Revenu parce que Jérôme a hérité de 100.000 euros d’une grand-tante. Ils auraient bien été tentés par une année sabbatique à New York, les enfants au lycée français et, eux, sur les bancs de la fac. Mais le projet a capoté. Le prix à payer sur le plan professionnel était trop élevé.

L’achat d’une résidence secondaire un temps envisagé a aussi été abandonné. Après un an de réflexion, ils sont arrivés à la conclusion que le mieux était encore de placer cet argent «pour l’avenir, la retraite en particulier». Sage décision.

Pour les conseiller, nous avons analysé leurs revenus, dépenses, actifs et dettes.

Une fois n’est pas coutume, nos recommandations sont tranchées. Dans un contexte de taux d’intérêt au plancher et de fiscalité au plafond, pour gagner avec ses placements, il faut savoir faire des choix.

Comme de nombreux Français, ils ne possèdent pas d’actions, hors épargne salariale, que des livrets bancaires et deux contrats d’assurance vie en euros. C’est dommage, parce que la Bourse est la classe d’actifs la plus rentable à long terme avec un gain de 9% par an en moyenne depuis la création du Revenu en 1968.

Mais des précautions s’imposent. Salarié dans le privé, Jérôme se dit séduit par l’idée de faire ses premiers pas en Bourse et d’investir dans l’économie productive (notre rencontre a eu lieu avant la baisse des marchés liée à la crise du coronavirus).

Suggestion n° 1 : ouvrir un PEA chez un courtier en ligne

Pour optimiser la fiscalité, nous lui conseillons d’investir via un plan d’épargne en actions (PEA). Le PEA est une enveloppe à fiscalité privilégiée qui permet de ne payer «que» 17,2% de prélèvement sociaux sur vos dividendes et plus-values, contre 30% si vous achetez vos titres via un compte-titres ordinaires.

Pour optimiser les frais de gestion, nous lui recommandons d’ouvrir son plan auprès d’une banque 100% en ligne.

Les frais des ordres de Bourse passés via les sites des intermédiaires spécialisés sont en baisse régulière. «Pour un ordre d’achat ou de vente de 5.000 euros d’actions sur Euronext Paris, ils sont de 7,60 euros (8,40 euros en 2016 et 11,25 euros en 2011)», lit-on dans une lettre récente de l’Observatoire de l’épargne de l’AMF.

Les banques 100% en ligne sont d’autant plus compétitives qu’elles ne prélèvent aucuns droits de garde. Jérôme doit privilégier celles dont l’offre de placements est la plus large.

Suggestion n° 2 : investir dans des titres en direct

Le choix des supports d’investissement est aussi essentiel. La gestion de titres en direct donne les meilleurs résultats. En fond de portefeuille, nous lui recommandons pour 2020 : BouyguesCarrefourEngieNexansSanofiTotal et Air Liquide.

Très diversifié et bien placé sur le marché prometteur de l’hydrogène, le spécialiste des gaz industriels est l’une de nos valeurs préférées. À ne pas négliger après un millésime 2019 record en Bourse et compte tenu des turbulences actuelles : Air liquide résiste bien en période de baisse. En 2018, le titre avait progressé de 3,2% dans un marché en recul de 10,9% et depuis le début de l’année il perd à peine 2% contre -11% pour le CAC 40.

La hausse régulière du dividende et la distribution d’une action gratuite pour dix détenues tous les deux ans rassure. Jérôme est impressionné par le nombre d’actionnaires individuels (plus de 400.000). Et se dit prêt à suivre nos recommandations.

Suggestion n° 3 : diversifier à l’international avec des trackers

Dans des Bourses mondialisées où les actions françaises se tiennent, mais ne sont pas les plus performantes dans la durée, internationaliser son PEA est primordial.

Acheter des titres allemands ou américains en direct est possible, mais coûteux en frais. Mieux vaut passer par des produits intermédiaires. Le PEA est réservé aux actions de sociétés qui ont leur siège dans l’Union européenne et aux fonds d’investissement (FCP, Sicavtrackers) investis à 75% en titres éligibles.

Mais certains trackers labellisés PEA réussissent le tour de passe-passe de respecter ces critères tout en reproduisant la performance de l’indice S&P 500 et, ce, grâce à des techniques financières sophistiquées (swap de performance).

Nous avons sélectionné pour Jérôme : Amundi SP 500 (LU1681048804) et BNPP SP500 (FR0013041530) couvert contre les risques de change. Important : il doit étaler ses investissements en Bourse sur trois ans minimum afin d’éviter d’acheter au plus haut.

Nos amis nous remercient pour la qualité de nos conseils et s’engagent à nous tenir au courant des décisions prises suite à notre rencontre.


Les leçons à tirer de cette étude de patrimoine

L’accélération de la baisse du rendement des placements garantis incite à prendre des risques mesurés en fonction de votre profil.

Pour gagner avec le placement en actions en 2020, il va falloir faire preuve d’audace mais aussi savoir rester classique.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *