Publié le 17.04.2020 à 17h50 • Mis à jour le 17.04.2020 à 17h56

Les 9,9 milliards d’euros captés au premier trimestre inquiètent le gouvernement. Pourtant, de tels niveaux ont déjà été atteints voire dépassés ces dernières années.

PAR OLIVIER DECARRE

3,82 milliards d’euros, contre 2,52 milliards d’euros sur la même période en 2019. La collecte du Livret A et du LDDS en mars a fait réagir Bercy. Bruno Le Maire n’a pas manqué de souligner mercredi qu’il redoutait de voir le taux d’épargne enfler dans une période où les entreprises vont avoir besoin de soutien, que ce soit par l’investissement ou la consommation.

Les chiffres détaillés, publiés ce vendredi par la Caisse des dépôts, confirment en effet l’ampleur de la collecte en ce début d’année. En trois mois seulement, les deux supports réglementés ont quasiment atteint le cap symbolique des 10 milliards d’euros de collecte.

Plus de 16 milliards d’euros en 2013 sur trois mois

Pour autant, il convient de revenir un instant sur les propos du ministre de l’Economie. Notons d’abord que la collecte, bien que spectaculaire, n’est en rien inédite. L’an passé à la même date, Livret A et LDDS avaient déjà capté 9,65 milliards d’euros d’argent frais, soit presque autant que les 9,9 milliards d’euros de cette année.

De surcroît, ils ont déjà fait nettement mieux. En 2013, à la faveur d’un mois de janvier record, la collecte cumulée avait franchi les 16 milliards d’euros sur le seul premier trimestre.

A LIRE >>> Epargne : le Livret A grand vainqueur du confinement ?

Bien sûr les circonstances ne sont pas les mêmes. On comprend parfaitement que les propos de Bruno Le Maire masquent une inquiétude, celle de voir les Français se replier peu à peu sur leur épargne face à la pandémie.

Une situation guère surprenante… qui appelle une réponse politique

Il n’empêche que le niveau de collecte actuel n’est nullement surprenant. Peut-on reprocher à des ménages qui craignent pour leurs revenus ou leur emploi de mettre de l’argent de côté ? Quant à ceux qui ne sont pas dans une situation financière à risque, peut-on leur faire le grief de ne pas consommer davantage alors que le pays est quasiment à l’arrêt ?

L’arbitrage entre consommation et épargne, tout comme l’arbitrage entre épargne et investissement, est une question d’opportunité mais aussi de confiance. Si à court terme, le repli vers des supports sécurisés est parfaitement compréhensible (il était même prévisible), la suite des événements dépendra de la réponse politique apportée à la crise…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *