La maire de Lourdes (Hautes-Pyrénées), deuxième ville hôtelière de France après Paris, a écrit au Premier ministre Édouard Philippe pour demander des aides spécifiques pour sa ville frappée de plein fouet par les conséquences de la pandémie du coronavirus.

Dans le texte, cosigné par le président de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) des Hautes-Pyrénées, Josette Bourdeu rappelle que la fréquentation touristique de la cité est « dépendante de la vie du Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes ».

Et sa fermeture mi-mars « avère un reflux général prévisible de la fréquentation, dépassant à ce jour 1,5 million nuitées, résultant des annulations massives de la clientèle de groupes, traditionnellement prépondérante à Lourdes ».

Elle demande donc de « créer les conditions de refinancement à long terme de la dette de la crise des différents acteurs privés et publics » et d’« assurer la spécification du bassin lourdais au titre d’un régime d’aides dérogatoires (…) en qualité de zone à fort impact touristique notablement international ».

Elle souhaite aussi « un appui significatif aux moyens institutionnels de promotion » ou encore de « garantir un dispositif en vue d’éviter une précarisation plus forte encore des travailleurs saisonniers ».

Selon elle, « les acteurs saisonniers envisagent désormais une année blanche en termes d’activité, en raison notamment de la durée de fermeture des frontières ».

L’édile indique aussi que « 91 % des entreprises du bassin lourdais ressortent des secteurs services et commerce (…) et emploient 3 900 salariés » et que la filière touristique de Lourdes représente « 35 % du produit intérieur brut du département des Hautes-Pyrénées et plus de 60 % de manière induite ».

Avec 211 structures d’hébergement correspondant à 21 000 lits, Lourdes est la deuxième ville hôtelière de France, derrière Paris et devant Nice. En 2018, la ville a enregistré 2,2 millions de nuitées hôtelières, avec une large majorité de clients étrangers (62 %), venus pour la plupart en pèlerinage.

Selon la maire, les seuls dispositifs nationaux « mis en œuvre, aussi exceptionnels soient-ils, ne permettront pas de surmonter (cette crise) sans un accompagnement plus ciblé encore de l’économie de la destination Lourdes », poursuit-elle.

Elle évalue par ailleurs à près de 6 M€ le manque à gagner pour le budget de sa commune, dont « une part non négligeable de ses recettes découle de la taxe de séjour ».

Pour la première fois de son histoire, le Sanctuaire de Lourdes et sa Grotte, où, selon la tradition catholique, la Vierge Marie serait apparue à Bernadette Soubirous en 1858, et qui attirent chaque année plusieurs millions de personnes venues du monde entier, a fermé ses portes le 17 mars.

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