Après les pistes cyclables provisoires, voici venues les terrasses post-confinement. En quelques phrases, jeudi 29 mai, le premier ministre a donné le coup d’envoi d’un été particulier, qui devrait consacrer la terrasse comme installation-phare des lendemains de l’épidémie.

Pour les cafetiers et restaurateurs d’Ile-de-France, de Mayotte et de Guyane, s’installer dehors sera – au moins pour les trois prochaines semaines –, la seule voie de salut, leur réouverture étant limitée aux terrasses jusqu’au 22 juin. Au-delà de Paris, en zone verte, les terrasses sont plébiscitées par le secteur pour compenser la perte de place liée aux consignes sanitaires et rassurer les clients. Après deux mois de confinement, la perspective de villes en forme de grands bistrots à ciel ouvert en fait rêver certains et en révulse d’autres, sensibles de longue date aux nuisances sonores ou plus récemment conquis par le calme des semaines confinées.Article réservé à nos abonnés Lire aussi  Avec le confinement, l’Ile-de-France passe en mode silencieux

« Rééquilibrage » de l’espace public

A Paris, où l’espace public n’a jamais été aussi précieux, distanciation physique oblige, la ville a rendu ses arbitrages, vendredi 29 mai, lors d’une conférence de presse. Dans les discours, on multiplie les précautions pour ne froisser ni les cafetiers au bord de la ruine, ni les riverains, le tout à un mois du second tour des élections municipales, le 28 juin. Jean-Louis Missika, adjoint à l’urbanisme, évoque « un point d’équilibre qui n’est jamais facile à trouver dans une ville aussi dense que Paris », entre la nécessité pour les restaurateurs de retrouver « une vraie activité économique » et celle, pour les riverains, de « dormir dans de bonnes conditions ».

Après avoir voté en mai, au dernier conseil de Paris, l’exonération des droits de voirie pour les terrasses pour six mois, la mairie mettra en place, mardi 2 juin et jusqu’à fin septembre, un système de déclaration en ligne sans autorisation préalable, par lequel tout restaurateur ou bistrotier, disposant ou non d’une terrasse, pourra « déclarer sa volonté d’occuper une portion de l’espace public », morceau de trottoir ou espace de stationnement.

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