La ‘PENIBILITE’ prise en compte pour le départ à la retraite ?

Syndicats et patronat « convergent » sur l’élargissement du compte professionnel de prévention (C2P) proposé par le gouvernement, affirme le ministère du Travail dans un bilan d’étape de la concertation sur la réforme des retraites.

Hôtel du Châtelet © Croquant via Wikimedia Commons - Licence Creative Commons

Après quatre semaines de discussions sur « l’usure professionnelle » et l’emploi des seniors, les partenaires sociaux « convergent sur certaines évolutions proposées par le gouvernement », indique ainsi le ministère du Travail dans un « relevé de discussions » envoyés mardi soir aux 11 organisations reçues dans le cadre de cette concertation.

C’est notamment le cas du « déplafonnement » du C2P. Actuellement, les salariés exposés à certains risques (travail de nuit, bruit, températures extrêmes…) accumulent des points – 100 au maximum – qui sont le plus souvent utilisés pour partir en retraite plus tôt – deux ans maximum.

Un consensus se dégage donc pour relever ce quota de points, mais aussi pour une « meilleure valorisation de la poly-exposition » (plusieurs risques simultanés), ou encore pour financer via le C2P « une reconversion après une certaine période d’exposition ».

La porte s’est même entrouverte à un retour de trois facteurs de risques supprimés il y a cinq ans (port de charges lourdes, postures pénibles, vibrations mécaniques).

Mais ce revirement revendiqué par les organisations de salariés, CFDT en tête, ne se ferait pas sur la base de critères communs à tous les travailleurs, en raison de « la difficulté de réaliser un suivi individuel », explique le ministère.

L’idée serait plutôt « d’identifier des métiers, tâches ou situations de travail susceptibles d’être exposées » et de renvoyer ce travail aux différentes branches professionnelles, qui « semblent avoir un rôle déterminant et pourraient constituer le bon niveau pour la réflexion ».

D’autres points d’accord ont émergé de ce premier round de concertation, en particulier sur le maintien du dispositif « carrières longues », qui permet un départ à 60, voire 58 ans pour ceux qui ont commencé à travailler avant 20 ans. « Le principe d’accorder un avantage » à ceux qui ont débuté jeunes et cotisé assez longtemps « est partagé », assure le ministère.

Même assentiment général en faveur du cumul emploi-retraite, de la retraite progressive ou encore de « l’accès des seniors à la formation professionnelle ». La piste d’un « index seniors » pour lutter contre les discriminations liées à l’âge, avancée par le gouvernement, a en revanche « suscité des questions et des réserves ».

Ce bilan d’étape a également été présenté aux représentants des groupes parlementaires, reçus mercredi par le ministre Olivier Dussopt – à l’exception des députés et sénateurs LR, qui n’ont pas répondu à l’invitation.

Les discussions avec les partenaires sociaux se poursuivront sur le thème « équité et justice sociale » à partir de la semaine prochaine. Un intitulé qui recouvre notamment les sujets des petites pensions, de l’égalité femmes-hommes et des régimes spéciaux. La CGT, qui avait boycotté le premier cycle – en raison des réquisitions dans les raffineries – y fera son retour à la table des négociations.