C’est quoi au juste le PER ( Plan Epargne Retraite ) ???

Si tout le monde cotise pour la retraite via le système de répartition, des produits d’épargne complémentaires vous permettent de préparer vos vieux jours. C’est le cas du PER.

Vous ne vouliez pas y penser ? L’actualité vous a certainement rattrapé. Ces dernières semaines, la retraite est sur toutes les lèvres. Les discussions autour de la réforme voulue par le gouvernement vous ont peut-être encouragé à faire un point sur votre situation : combien avez-vous de trimestres ? Quand allez-vous pouvoir partir ? 

Les plus prévoyants d’entre vous sont probablement allés plus loin en se questionnant sur le plan d’épargne retraite (PER). Ce dispositif d’épargne à long terme vous permet d’anticiper financièrement vos vieux jours. En quoi consiste-t-il ?

    Qu’est-ce que c’est ? 

    Le PER vous permet de mettre de l’argent de côté durant la vie active en prévision de la retraite. Il permet d’accumuler une épargne pour compléter sa pension de retraite acquise via le système de répartition.

    Une fois la retraite venue, vous pourrez profiter de votre épargne :  

    • Soit sous forme de capital : vous récupérez la somme disponible sur votre PER en une seule fois (le versement peut également se faire en plusieurs fois) ;
    • Soit sous forme de rente : vous mettez en place un versement périodique ;
    • Soit partiellement en capital et en rente.

    Il a été réformé par la loi Pacte en 2019 pour permettre aux clients de toucher leur PER sous forme de capital, mais aussi pour assouplir les règles concernant les transferts : si un autre PER vous semble plus attractif, vous pouvez décider de transférer votre épargne sur celui-ci.

    Ce PER réformé remplace les anciens produits d’épargne retraite : 

    • Le PER individuel remplace le plan d’épargne retraite populaire (PERP) et le contrat Madelin,
    • Les PER d’entreprises remplacent le plan d’épargne pour la retraite collectif (PERCO) et le contrat article 83.

    Si vous disposez d’un de ces anciens contrats, il est possible de transférer l’épargne qui s’y trouve vers votre nouveau contrat.Vidéos : en ce moment sur Actu

    Les différents PER

    Il en existe plusieurs :

    • Le PER individuel (qui peut être souscrit à titre individuel), 
    • Deux PER que peut vous proposer une entreprise : le PER d’entreprise collectif et le PER d’entreprise obligatoire.

    Le PER individuel peut prendre deux formes différentes :

    • Un contrat assurance-vie : c’est le PER individuel d’assurance,
    • Un compte-titres : c’est le PER individuel d’investissement

    Quelle est la différence entre les deux ? Il est essentiel de le comprendre pour faire le bon choix. Si les deux PER vous permettent de constituer une épargne, au bout du compte, vous n’avez pas accès aux mêmes actifs.

      Le PER d’assurance est un placement sûr, car en vous donnant accès à un fonds en euros (ce qui garantit des intérêts sur vos investissements), il vous permet de sécuriser certaines sommes. Le PER d’investissement n’a pas de fonds en euros, ce qui veut dire qu’il n’y a aucune garantie de rendement.

      Le premier est plus sûr, le second plus risqué (avec vos actions, vous pouvez investir dans des actifs à risque, potentiellement plus rémunérateurs).

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      Ce dispositif d’épargne est ouvert à tous : demandeur d’emploi, salarié, travailleur non salarié… Il n’y a pas de condition liée à la situation professionnelle ou à l’âge. 

      Dans le cas du PER d’assurance, il faut vous rapprocher d’une association qui souscrit des contrats d’assurance comme un assureur, une mutuelle ou une institution de prévoyance. Vous pouvez aussi vous tourner vers un fonds de retraite professionnel supplémentaire. À noter que ces contrats peuvent vous être proposés via un intermédiaire, comme une banque ou un conseiller financier.

      Dans le cas du PER d’investissement, il faut s’adresser à un prestataire qui fait du conseil en investissement. Il peut s’agir d’un établissement de crédit, d’une entreprise d’investissement ou d’un conseiller en investissement financier.

        Les PER d’entreprises

        Le PER d’entreprise collectif peut être proposé par toutes les entreprises à leurs salariés. Une condition d’ancienneté peut être exigée (trois mois maximum) et l’adhésion est facultative. Son utilisation est plus souple : il est possible de l’utiliser avant la retraite (sous certaines conditions) ou de le transférer sur son PER individuel tous les trois ans.

        Certaines entreprises peuvent faire le choix d’obliger leurs employés à souscrire à un PER, c’est le PER obligatoire. Contrairement au collectif, l’employeur s’engage à verser de l’argent sur les PER de ses salariés. Il ne peut être débloqué avant la retraite.

        Leur fonctionnement et leur gestion ne diffèrent pas du PER individuel. Lorsque vous quittez l’entreprise, il est tout à fait possible de virer l’épargne de votre PER d’entreprise vers votre PER individuel.

        Comment alimenter un PER ?

        Vous êtes libres de faire des virements de la somme que vous souhaitez au moment désiré. Vous pouvez également mettre en place un virement mensuel automatique.

        Il faut aussi savoir qu’il n’y a généralement pas de plafond concernant cette épargne de long terme : « La réglementation n’impose rien, mais ça peut dépendre du contrat auquel on va souscrire selon les mesures commerciales », ajoute Marie-Noëlle Auclair, directrice de la cellule expertise et solutions chez Eres, société de gestion dédiée à l’épargne salariale et retraite.

        En règle générale, l’argent de votre PER est bloqué jusqu’à votre départ à la retraite. Cependant, il existe des cas de déblocages anticipés : achat d’une résidence principale, invalidité, décès du conjoint ou partenaire de Pacs, surendettement et expiration des droits à l’assurance chômage.

        Le jour de la retraite venue, il faut se rapprocher de votre gestionnaire afin de lui demander de débloquer votre plan d’épargne retraite. Il n’y a aucune obligation à le faire, vous pouvez très bien le conserver alors que vous êtes à la retraite.

          Comment savoir ce qui est fait avec votre argent ? 

          Sauf si vous décidez de vous occuper vous-même de votre épargne, le principe de gestion pilotée s’applique. Cela veut dire que des professionnels gèrent votre PER individuel et placent votre épargne en fonction de votre date de départ à la retraite.

          • Lorsque votre départ en retraite est lointain, l’argent que vous avez déposé sur votre PER est investi sur des actifs plus risqués et rémunérateurs.
          • En revanche, à l’approche de l’âge de la retraite, l’épargne est progressivement orientée vers des supports moins risqués.

          Chaque année, votre organisme gestionnaire vous tient informé :

          • de l’évolution de votre compte
          • de la performance financière des investissements
          • du montant des frais prélevés
          • des conditions de transfert du plan

          Cinq ans avant votre départ à la retraite, vous pouvez commencer à étudier les possibilités de sortie avec votre gestionnaire. « C’est à titre informatif. C’est en souscrivant à un PER que vous décidez si vous voulez le toucher sous forme de rente ou de capital », rappelle l’experte du groupe Eres.

            L’avantage fiscal du PER

            On en vient au nerf de la guerre : l’imposition. Si vous êtes imposable, ouvrir un PER vous donne droit à un avantage fiscal : ce que vous y versez volontairement chaque année est déduit de votre revenu annuel déclaré au fisc

            Grâce à cette déduction, il est donc possible de baisser ses impôts à condition que cela ne dépasse pas 10% de votre salaire net de cotisations sociales et de frais professionnels sur l’année en cours. 

            On peut défiscaliser 4114 euros (plafond minimum) jusqu’à 35 194 euros (plafond maximal) par an. Cela va dépendre de nos revenus.

            Mais attention, les sommes que vous décidez de défiscaliser aujourd’hui vous seront taxées le jour où vous sortirez l’argent de votre PER, au moment de votre retraite donc. « Le capital de ce produit d’épargne va réintégrer les revenus imposables », explique Marie-Noëlle Auclair.

            En revanche, si vous faites le choix de ne pas profiter de l’avantage fiscal, vous serez moins taxé au moment de récupérer votre PER (30% sur votre plus-value et non sur la totalité de votre capital, contrairement à ceux qui feront le choix de bénéficier de l’avantage fiscal au cours de leur vie active).

            Mais alors, comment arbitrer cette situation ? Il y a une chose à prendre en compte : une fois à la retraite, vous allez probablement subir une baisse de revenus. Il est donc possible de changer de tranche d’imposition (à la baisse) dès lors que l’on quitte la vie active et donc de subir un taux d’imposition plus bas.

            « Le PER est largement utilisé pour des raisons d’optimisation fiscale et pas que pour la constitution d’une retraite », synthétise la juriste en droit des affaires d’Eres.

            Comment préparer sa retraite ? CACP64 vous aidera …

            « Vous nous aviez posé des questions par rapport au plan d’épargne retraite… » Chez ce gestionnaire de patrimoine, le plan d’épargne retraite (PER) séduit de plus en plus de Français. « On a eu une augmentation de quasiment 80% entre décembre et janvier du nombre de demandes sur notre site internet pour avoir des informations sur l’ouverture d’un plan épargne retraite, constate le conseiller Alexandre Hottiaux. Je pense que, au vu des tensions sociales qu’il y a actuellement par rapport à cette réforme, il y aura une continuité sur cette augmentation du nombre de demandes dans les prochains mois. »

            Un attrait notamment parmi les plus jeunes comme Meggie. Au bout du fil, cette cliente a ouvert son PER il y a déjà un an. « Aujourd’hui, j’ai 30 ans et je n’aurais sûrement pas la retraite, raconte Meggie. Je pense à ça aujourd’hui aussi pour épargner, faire des économies sur les impôts et également pour plus tard pour avoir une retraite plus tôt. » 

            La pierre reste une valeur sûre

            Le plan épargne retraite est moins sécurisé pour les jeunes, mais reste intéressant en termes de fiscalité pour les plus aisés. Plus de six millions de Français en possédaient en 2022. Mais pour Valérie, les placements bancaires ne suffisent plus. À 53 ans, après dix ans à jongler entre chômage et CDD, elle cherche à investir dans l’immobilier. « C’est un peu la seule idée que j’ai, parce que clairement, la réforme des retraites va aggraver la situation de pas mal de gens, avance Valérie. Moi, je partais déjà de bien plus bas. »

            « J’ai commencé à envisager l’investissement immobilier parce que les livrets c’est bien joli, mais les intérêts, même à 5% voire 6%, ça ne suffira jamais, ça restera toujours ridicule. »Valérie, 53 ans

            à franceinfo

            La pierre reste la valeur sûre, confirme Alain Tordjman, économiste à la Banque populaire Caisse d’épargne (BPCE), mais cela évolue : « La résidence principale reste la priorité. On observe quand même une diffusion de la détention d’épargne retraite individuelle davantage auprès des catégories moyennes en matière de revenus. » Fin 2022, selon une enquête de la BPCE, épargner en vue de la retraite étaient jugés prioritaires par sept Français sur dix.